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LE SÉNÉGAL, OTAGE DES POLITICIENS

Posté par: Moustapha cisse| Vendredi 27 juillet, 2018 16:07  | Consulté 320 fois  |  0 Réactions  |   

Le Sénégal fut l’un des pays célébrés comme un « miroir démocratique » en Afrique. De Léopold Sedar Senghor à Abdou Diouf, le pays était dans la bonne posture en politique, même si l’on note des dérives anti-démocratiques. Dix ans plus tard, le champ politique est devenu un terrain où joue de mauvais joueurs. La politique sénégalaise n’est plus une affaire de gérer la cité mais bien au-delà, c’est le champ de l’opportunisme, de la transhumance, de la trahison, du tâtonnement, des postes clientèles, du bétail politique qui ont mis aux oubliettes le vrai credo de la politique « gérer la cité ».
 

A titre de rappel, si le Sénégal était considéré comme un pays démocratique, c’est parce que Senghor avait démissionné sans polémique pour céder la place à son premier Ministre, Abdou Diouf en 1981. La venue d’Abdou Diouf fut un éclat car il a instauré le multipartisme, la politique autrement et la loi contre l’enrichissement illicite que d’aucun juge ambitieux pour traquer des personnes qui ont détournées l’argent du contribuable et lutter contre les gabegies notées sur les dépenses un peu exagérées. Mais cette loi sera enterrée par manque de volonté ou de crainte d’être traduit devant la justice sur les postes clientélistes qu’il aurait alloués à ses partisans. D’ailleurs, la disparition de cette loi entrainera avec l’arrivée d’Abdoulaye Wade, une porte ouverte pour ses partisans à profiter des ressources du pays. Ce n’est plus l’argent du peuple mais l’argent du parti. Et là, nous avons assisté à des détournements intempestifs érigés en spécialité par nos politiques. Des fonctionnaires sans scrupule deviennent des milliardaires sans coup férir.
 
L’alternance en 2000 a porté Abdoulaye Wade à la magistrature. Celle de 2012, deuxième alternance politique avait conduit l’actuel Président du Sénégal, Macky Sall à la tête du pays. Un élève né, après les indépendances qui s’est révélé au sénégalais par un travail jugé satisfaisant quand il portait le casque de premier Ministre. Il finit par démissionner devant les écrans à l’assemblé national malgré les privilèges.  Ce qui a poussé la population à braquer leurs yeux sur cet homme sorti par ce qu’on a appelé « la grande porte ». Cette sortie a suscité de la compassion, de l’amour, de la pitié, des encouragements et de détermination pour aider Macky Sall à s’opposer au projet du dernier de ce rejeton d’Abdoulaye Wade d’accéder à la haute magistrature. C’est la naissance des coalitions politiques qui ne sont là que pour le partage de l’argent du contribuable. Le peuple attendait de cet enfant de Fatick qu’il corrige toutes les erreurs commises par l’ancien régime : népotisme, détournement des fonds publics, les scandales financiers, le parti avant la partie, la machinisation de la justice, la dictature rampante… 

Le Sénégal n’avait jamais eu un président né, après l’indépendance. C’est un signe révélateur du bon choix qui a été fait par le peuple. Le Président de la République est mieux placé que quiconque pour corriger les erreurs commises par l’ancien régime dont il était le 1er Ministre. Dès l’aube de sa magistrature suprême, des informations fusent concernant « le dépouillement de la caisse de l’Etat ». Pourra-t-il trouver des finances pour payer ses fonctionnaires ? D’ailleurs, le Président sortant n’avait-il pas prédit que Macky Sall ne pourrait pas payer les fonctionnaires avait-t-il prédit ? Une fois en place, le nouveau Président de la République avait trouvé un nouveau moyen de marquer les esprits des sénégalais. C’est ainsi que des promesses furent faites en masse : la création de 500.000 emplois, la réduction du mandat de 7 ans à 5 ans, la patrie devant le parti, un gouvernement sombre et vertueux, la réduction du nombre de ministres, l’implication des familles présidentielles africaines dans la gestion des affaires publiques, la réduction du budget présidentiel, l’Etat de droit, la transparence électorale, une éducation pour tous et de qualité…. 

Les sénégalais ont cru trouver leur homme de destin. Après quelques mois de gouvernance, la vraie face obscure du Président nouvellement élu, commence à s’éclaircir minutieusement. D’abord l’impossibilité de créer des emplois alors que les grandes sociétés sénégalaises sont dirigées par des étrangers. Des terres sénégalaises confiées ou vendues à des sociétés étrangères. Des signatures ou ratifications des accords ostensiblement signées par le régime en place. La dynastie Faye-Sall règne en filigrane, sans compétence ni d’expériences sur des postes clientélistes. Une justice partisane et sélective dirigée par le chef de l’Etat. Du bétail politique en faveur du nouveau parti (APR). Certains partis politiques ne voient que le partage des milliards d’où créer des coalitions (Benno bokh yakar). Macky « Salle » tue dans l’œuf les partis Politiques comme L’Alliance des Forces de Progrès (AFP), le Parti Socialiste sous l’égide d’Ousmane Tanor Dieng. Ces partis politiques ne seraient que budgétivores à coup de milliards. 

Face à ces scandales, l’opposition incapable de proposer ou d’amener le régime sur le bon chemin, s’insurge sur la désinformation, la manipulation, le sabotage et le mensonge comme arme de lutte. Certains leaders de partis politiques, ayant des mains sales trouvent le chemin propice de la transhumance. D’autres leaders de l’opposition ne voient que les fauteuils présidentiels. C’est pourquoi l’intérêt de la population ne les préoccupent pas mais plutôt leur intérêt crypto-personnel. Ce qui expliquerait leur incapacité à trouver un seul « leader » pour faire face à ce régime dictatorial. Chacun tire pour son camp. Et pire encore, l’opposition ne chante pas la même chanson que les autres partis « clean », la floraison des nouveaux patriotes. Ceux qui sont impliqués dans des gestions nébuleuses, de corruption, de détournement de deniers publics ou ceux qui ont eu à bénéficier des privilèges rejoignent sans ambages le camp de Macky Sall pour ne pas payer leurs dettes. 

La mauvaise gestion du régime sur les ressources sénégalaises telles que le pétrole et gaz offrent un moyen à certains opposants pour faire campagne et donner un rôle à l’opposition. L’un des scandales mis dans les oubliettes est celui du COUD, une somme de 454 476 081 de francs CFA ; L’affaire Arcelormittal poussent le bouchon plus loin, plus 50 milliards en fumée sans oublier 12 milliards qui touche le Bictogo. Le rapport de l’ARMP nous révèle « Fractionnements des marchés, pratiques collusives, marchés restreints illégaux, simulations de concurrence, entreprises adjudicataires inconnues, gré à gré » ! Le Dossier d’OFNAC acculant le frère du Président en exercice dévoile la main-basse de son fief, Cette révélation avait valu la radiation de Nafissatou Ngom. La loi du parrainage, consistant à faire disparaître plus 230 partis politiques. Malgré tout cela, il n’y a pas de réel contrepouvoir. L’opposition n’est jamais présente quand il s’agit de mener une concertation face aux actions présidentielles. Le seul objectif de nos politiques est de tromper et manipuler l’opinion publique afin d’acculer le régime en mettant en avant la jeunesse et les étudiants. 

 

Moustapha CISSE 

Envoyé Special RTM-FRANCE 

authentiquo@gmail.com

 L'auteur  Reflexions d'un jeune senegalais cisse
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Mots Clés: Senegal, Dakar, Politique
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